MON ROYAUME POUR UNE LETTRE
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MON ROYAUME POUR UNE LETTRE

Par jerome_I - 26-09-2008 14:56:36 - 6 commentaires

 

MON ROYAUME POUR UNE LETTRE

 

Voici un superbe texte sur l'Ultra trouvé sur Ultra Fondus (UFO) écrit par Philippe Billard, 06-10-2004


http://www.ultrafondus.fr/content/view/179/1/

 

On se dit tous forcément un jour que l'ultra est un sport ingrat, qu'on est un incompris. On se demande pourquoi les collègues de bureau nous traitent de fada et pourquoi nos familles sont inquiètes. Si nous en retirons une certaine solitude, parfois, elle est aussi, parfois, teintée de fierté. Je ne parle pas ici de cette fierté ahurie d'arriver à bout d'épreuves apparemment difficiles. Je parle de cette fierté de le faire en restant toujours lucide et toujours attentif au monde qui nous entoure.

Car courir un ultra n'est pas juste un moment privilégié d'introspection. Courir un ultra, c'est aussi une aventure qui nous guette, des sourires qui s'esquissent, des rencontrent qui nous marquent et même parfois, des rencontres qui changent notre vie.

Et voilà que l'ultra nous offre son plus beau paradoxe. Il passe du statut de sport solitaire, aride, ascétique, mal compris, à celui de pratique solidaire, ouverte à l'autre et qui sait faire fi de soi pour l'intégrer dans sa sphère personnelle. C'est là que toute la magie des kilomètres opère, comme si le bien être des premières foulées rendait égoïste, jaloux de son plaisir.

Puis peu à peu, on devient faible, on se replie, on souhaite que plus personne ne nous adresse la parole pour pouvoir souffrir en silence. Trente-cinq kilomètres. Quarante kilomètres. Cinquante kilomètres. Trois heures de course. Quatre heures de course. Huit heures de course. Peu à peu, on se prend à regarder autour de soi, à espérer un petit encouragement, un petit applaudissement. Il n'y a plus d'adversaire, on vit la même expérience intense que ses compagnons de route. Peu à peu, on devient aimable en ressentant cette bouffée de d'énergie à chaque encouragement d'un frère ou d'une sœur d'armes.

Les liens se resserrent et ces coureurs avec qui l'on fait le yoyo depuis des heures deviennent des amis. Conscients de ce qu'ils nous apportent à ce moment là, il devient bientôt impossible de les abandonner là, alors qu'ils affrontent un terrible coup de barre. Le solitaire devient solidaire et c'est juste une seule petite lettre qui change, comme un équilibre instable qui nous aide à affronter l'adversité ou au contraire, à apprécier le moment présent. Le plaisir de changer à satiété le « d » en « t », puis le « t » en « d » à nouveau, je l'échange contre mon royaume en friche de bonheurs inutiles.

 

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6 commentaires

Commentaire de L'Castor Junior posté le 26-09-2008 à 15:38:49

Merci Jérôme pour cette piqûre de rappel.
L'édito "SoliTaire vs SoliDaire" me semblait bien plus récent que cela.
En tout cas, c'est une proximité à laquelle je pense sur presque tous mes ultras...

Commentaire de Khanardô posté le 26-09-2008 à 15:49:20

Yep, un petit rappel. Il avait été mis sur le site de l'UTMB (pouquoi font-ils cela), il faut croire que tous les intervenants de ce forum ne l'ont pas lu, vu la teneur de certains posts... ;-))

Commentaire de Souris posté le 26-09-2008 à 17:21:16

Oui et c'est TELLEMENT VRAI!!! Effectivement c'était dispo sur le site UTMB, je l'avais également sauvegardé... Merci

Commentaire de claude 34 posté le 26-09-2008 à 22:22:18

C'est parceque j'en suis convaincu que j'ai mis sur mon profil à "pourquoi je cours" : pour le contact après 3 heures ou plus de course. Après ce temps, pas besoin d'en dire plus, on sait où on en est...

Commentaire de Mustang posté le 28-09-2008 à 00:15:04

Merci Jérôme pour ce rappel salutaire!!

Commentaire de hagendaz posté le 29-09-2008 à 13:51:56

à relire une seconde fois

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